Je suis une survivante. Une battante. Une tête dure. J’ai le courage facile. Ou est-ce que c’est plutôt de l’insouciance? Bof, peu importe, ça fait la job. Je me définis comme une « loose canon » de la vie. Je n’aime pas suivre les règles, les conventions. Je n’apprécie pas qu’on essaie de me dire quoi faire, quoi dire, quoi penser. Finalement, je ne serais pas très bonne en politique ?
Je crois que c’est en partie génétique. Ma mère est une femme forte. Une femme qui conduisait son char à transmission manuelle, qui a travaillé de jour comme de nuit, et qui a opéré pendant des années, avec beaucoup de succès, une station-service super achalandée.
Je sais cependant que ma force de caractère s’est développée en ta après la naissance de mon fils, mon poussin, mon tout garni comme j’aime dire à la blague, considérant les nombreux défis qu’il doit surmonter depuis son premier souffle. Handicap, problèmes de santé majeurs, etc.
C’est après sa sortie de l’hôpital pour enfants, un mois après sa naissance, que j’ai commencé à écrire. Au début, simplement des notes médicales. Je notais tout ce que les médecins me transmettaient comme informations, question de ne rien oublier, de tout enregistrer. Tsé des sujets aussi courants que spina-bifida, myéloméningocèle, hydrocéphalie, dérivation ventriculo-péritonéale, système nerveux, système cardiaque, ventricules, oreillettes, etc., etc., tout ça était du langage d’extra-terrestre pour moi. Oh que je m’en suis tapée des après-midis à la bibliothèque, dans le rayon médical!
La vie était dure. Médicalement avec Poussin bien sûr, mais aussi familialement et, surtout, amoureusement… Au bout d’un temps, en plus des notes médicales, j’ai commencé à écrire les défis de mon quotidien. Mes états d’âme… Toutes mes peines, mes frustrations, et tous mes gros mots d’église refoulés pendant la journée. Un journal intime parfois épicé, mettons. Plutôt cru.
Ça a donné une série de chroniques. Mes chroniques chaotiques. Qui, une fois rassemblées, vont donner naissance à un livre. Peut-être deux. Ou même trois. À suivre.
Quand j’écris, je ne retiens rien. Je fais éclater tout ce qui m’habite. Aucun tabou. J’écris comme si je n’allais jamais me relire, comme si personne n’allait jamais me lire.
Mais aujourd’hui, vous, vous allez me lire. Attachez votre tuque. Ça pourrait vous brasser.
Dans ce monde où on doit faire attention à tous les ti chatons hypersensibles, je mets mes lecteurs en garde. Soyez donc avertis, certaines de mes chroniques pourraient vous secouer un peu. Et je l’assume totalement. C’est un des effets bénéfiques de vieillir, tout doucement. On apprend à s’assumer. On apprend à laisser glisser les reproches sur notre dos, comme l’eau glisse sur les plumes du canard. Et wowwww que ça fait du bien d’être rendue là dans sa vie! J’y suis, j’adore et j’y reste!
Bienvenue dans mes chroniques chaotiques!
© Marie-France Beaudry 2023
Image par Jill Wellington de Pixabay